Le premier dimanche de chaque mois était toujours le plus crispant lorsque j’étais missionnaire. Ne jamais savoir comment la réunion de jeûne et de témoignages allait se passer. La réunion de témoignages était souvent considérée comme un moment où le micro appartenait à tout le monde. Quand la réunion de témoignage partait en vrille, c’était une torture de rester assis à écouter. Parce que la réunion de témoignages a retenu l’attention des médias dernièrement, avec cette fille de 12 ans qui s’est enregistrée en train de faire son « coming out » pendant une réunion pour ensuite envoyer l’enregistrement à la presse, je voudrais parler des doctrines derrière le témoignage et la réunion de témoignages.

La réunion de témoignage n’est pas censée être un moment où le micro appartient à tout le monde. Ce n’est pas un forum au cours duquel les gens peuvent se plaindre, se confesser, faire de la publicité ou attirer l’attention. Ce n’est pas ça rendre témoignage. En fait, les prophètes nous ont dit quels sont les types de témoignages qui ne sont pas appropriés. Mais il est aussi important de savoir comment rendre un vrai témoignage que de ne pas juger ceux qui rendent le leur. Voici donc trois types de témoignages que nous devrions arrêter de rendre pendant la réunion de jeûne et de témoignages, et ce que nous devrions faire à la place.

 

Le témoignage « Sermon »

Tout le monde a déjà entendu un témoignage sermon. La personne s’approche du pupitre et partage des citations, des écritures, et parle d’un thème qu’elle pense que nous avons besoin d’entendre. Il n’y a rien de mal à partager une citation ou un verset et à témoigner sur ce sujet. Mais ne sermonnez pas. Ce n’est pas le bon endroit et vous n’avez pas l’autorité pour vous approprier une réunion de cette manière.

“Un témoignage n’est pas une exhortation ; un témoignage n’est pas un sermon (aucun de vous n’est là pour exhorter les autres); … Votre témoignage s’arrête au moment où vous commencez à prêcher aux autres”
Spencer W. Kimball (Enseignements des prophètes : Spencer W. Kimball. Chapitre 7)

 

Le témoignage « Récits de voyage »

On entend le témoignage « Récits de voyage » le plus souvent pendant les mois d’été. Lorsque j’étais missionnaire, il y a eu un membre qui a « témoigné » à propos d’une sortie en rafting en prenant tellement de temps que l’un de nos amis de l’Eglise s’est levé et est parti. Nous sommes allés chez lui après l’église et il nous a dit : « Ce n’était pas l’église ! » Les récits de voyage ne sont pas mauvais en soi, mais ce ne sont pas des témoignages. Le but d’une réunion de jeûne et de témoignages n’est pas de raconter vos vacances en Californie, à Nauvoo, Kirtland ou Disneyland. C’est de témoigner de la véracité de l’évangile. Bien sûr que vous pouvez dire que vous avez récemment visité tel ou tel endroit et que cela a renforcé votre témoignage. Mais quand vos vacances prennent plus de place que l’évangile, votre témoignage est un Récit de voyage.

Les mêmes principes s’appliquent au témoignage « Médical » pendant lequel vous parlez de vos problèmes de santé. Partager une courte expérience racontant une guérison miraculeuse suite à une bénédiction de prêtrise, une prière ou un jeûne est tout à fait acceptable. Personnellement, j’adore ces miracles, mais s’attarder en décrivant son carnet de santé au point que cela devienne le sujet principal au lieu de l’évangile n’est pas approprié.

“Un témoignage de l’évangile n’est pas un récit de voyage, ni un bulletin de santé, ni une expression d’amour pour les membres de la famille. Ce n’est pas un sermon. »
Dallin H. Oaks (Testimony,  Conference, Avril 2008)

 

Le témoignage « Histoire »

Je tombe souvent dans le piège du témoignage « Histoire ». Je pense que c’est le cas pour beaucoup d’entre nous. Le problème avec ce témoignage est que ce n’en est pas un, c’est un discours. Les discours les plus inspirant que j’ai entendu en réunion de Sainte Cène ont été les histoires de conversions à un principe spécifique. Quand les membres n’ont pas l’occasion de faire des discours au sujet de l’histoire de leur conversion, ils en profitent pour le faire dans un témoignage.

L’évêque de ma paroisse a décidé de changer ça. On ne demanderait plus à qui que ce soit de faire un discours basé sur un discours de conférence. Au lieu de ça, ils partageraient l’histoire de leur conversion. Pourquoi ils ont rejoint l’Eglise, ou comment ils se sont convertis à tel ou tel principe. A ce moment les membres ont réalisé que l’histoire de leur conversion était un discours, pas un témoignage.

“Nous devons remplacer les histoires, les récits de voyage et les sermons par des témoignage purs.”
Russell M. Ballard (Pure Testimony, Conference, octobre 2004)

 

Mais qu’en est-il des témoignages de remerciement ?

Un témoignage de remerciement est une graine de témoignage. Il n’y a rien de mal à remercier. Après tout, on nous demande d’être reconnaissant. Je sais que quand je priais pour recevoir un témoignage sans en avoir un, je ne pouvais que remercier, et qu’est-ce que je suis reconnaissant maintenant d’avoir alors appris à témoigner ! Mais comme toute graine, le témoignage devrait se développer en quelque chose d’autre. Elder Ballard a dit des témoignages de remerciement, je cite :

“Nous entendons souvent des membres, et surtout des enfants, rendre leur témoignage en faisant la liste des choses pour lesquels ils sont reconnaissant ; l’amour de leur famille, l’Eglise, leurs instructeurs, leurs amis. Pour eux, l’évangile est quelque chose pour lequel ils sont reconnaissant parce qu’il les fait se sentir heureux et en sécurité. C’est un bon début, mais les témoignages doivent être bien plus que ça. Ils ont besoin d’être ancrés très tôt dans les premiers principes de l’évangile.

… trop des témoignages de nos membres s’attardent sur « je suis reconnaissant » et « j’aime », et trop peu disent avec une clarté humble mais sincère : « je sais ». Par conséquent, il manque parfois à nos réunions cette richesse spirituelle qui édifie l’âme et qui a un impact positif et significatif sur la vie de tous ceux qui les écoutent. »

Russell M. Ballard (bold and italics addedPure Testimony, Conference, Octobre 2004)

 

Alors, qu’est-ce qu’un témoignage ?

“Vous êtes là pour rendre votre témoignage. C’est stupéfiant, ce qu’on peut dire en matière de témoignage en soixante secondes en rendant votre témoignage… Dites simplement ce que vous ressentez à l’intérieur. C’est ça un témoignage. »
Spencer W. Kimball (Enseignements des prophètes. Spencer W. Kimball. Chapitre 7)

 

Avec quelle fréquence dois-je rendre mon témoignage ?

Pensez-vous que vous puissiez laisser passer trois, et six, et neuf, et douze mois sans rendre votre témoignage tout en conservant sa pleine mesure ?”
Spencer W. Kimball (Enseignements des prophètes. Spencer W. Kimball. Chapitre 7)

“Ceux qui ont un témoignage du rétablissement de l’évangile ont aussi le devoir de le partager.”
Dallin H. Oaks (Testimony,  Conference, April 2008)

“Concernant le témoignage, souvenez-vous que celui qui le partage le conserve, alors que celui qui le garde jalousement le perd.”
Thomas S. Monson (Pathways to Perfection [1973], 100–101, as found in Preach My Gospel Chapter 11)

 

Je n’ai pas l’impression d’avoir un témoignage, qu’est-ce que je peux faire ?

“Nous obtenons et renforçons un témoignage en le partageant… les témoignages s’obtiennent plus facilement lorsqu’on est debout pour les partager qu’à genoux pour les demander en priant.”
Dallin H. Oaks (Testimony,  Conference, April 2008)

 


Article écrit par Jeremy sur My Life by Gogo Goff et traduit par Samuel Babin.